Aux origines du livre


Une réponse à un appel impérieux

Prendre le vélo. Une réponse à l'appel impérieux de me construire en tant qu'homme. Nécessité exprimée par Maurice ZUNDEL: "Il nous faut placer en face de l'homme comme en face d'un problème : il s'agit de conférer des droits, ou plutôt de reconnaître des droits, non pas à l'homme animal, mais à l'homme que nous avons à devenir. Ce qui a des droits en nous, c'est la personne, c'est-à-dire l'être qui s'est conquis, l'être qui a une dignité et respecte cette dignité en lui-même et dans les autres.

Contrairement à ce qu'affirme la Déclaration des droits de l'homme, les hommes ne naissent pas libres, ils doivent conquérir leur liberté. Et ils ne laissent pas égaux, les dons sont différents.

La seule égalité, c'est que tous se trouvent placés devant la même exigence, à savoir qu'ils ont à devenir homme et à refuser de se subir pour faire de leur vie un espace illimité de lumière et d'amour où la valeur infinie qui leur est confiée pourra s'exprimer, se révéler et se communiquer. (Un autre regard sur l'homme. Éditions Le Sarment Fayard 1996. ) 


Nécessité d’un moyen concret

Comment répondre à cet appel ? Comment changer, quitter habitudes et lourdeurs pour mieux me retrouver dans  "mes bottes d'homme" ? En choisissant un moyen simple mais qui oblige concrètement à grandir : le vélo, passeur de "vérité paysanne" comme l'écrit Antoine  SAINT EXUPERY à propos de l'avion, raisonnement applicable à la bicyclette. « L’avion, ce n’est pas une fin, c’est un moyen. Ce n’est pas pour l’avion que l’on risque sa vie. Ce n’est pas non plus pour sa charrue que le paysan laboure. Mais, par l’avion, on quitte les villes et leurs comptables, et l’on retrouve une vérité paysanne. (Terre des hommes).


Un témoignage

J'ai raconté ma nouvelle vie en deux roues. Mes chroniques constituent le témoignage d'un cadre bureaucrate quadragénaire qui se fait happer et « bouffer » par le quotidien. Une réaction : quitter le train train, changer de regard sur sa vie par un moyen simple, le vélo.

En selle, j'ai redécouvert l'émerveillement d'enfant devant la création que ma vie d'adulte avait émoussé. Je me suis aussi approché tout près des personnes que je ne faisais que croiser en voiture. Ma vie en deux roues est aussi une réponse à une vie de cadre trop normative : le bureau sans bruit, l'ordinateur sans rencontre, la voiture sans poussière, la chemise sans pli.


© Studio Chopin 2014